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Expositions à différents niveaux de bruits

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(Révisé en septembre 2011)

Lors d'une visite dans le secteur des presses mécaniques de l'entreprise, j'ai décelé la présence de bruits élevés. À l'aide d'un sonomètre, j'ai mesuré un niveau de bruit de 96 dBA spécifiquement au poste de travail de presse plieuse1. Comment devrais-je interpréter ce résultat et quelles mesures correctives dois-je mettre en place afin de contrôler la situation ?

La réglementation au Québec

Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) spécifie, aux articles 131 à 135, les limites d'exposition au bruit selon les deux types de bruit suivants : le bruit « continu » et le bruit « d'impact ». Ces derniers se définissent comme suit :

Bruit continu : « tout bruit qui se prolonge dans le temps, y compris un bruit formé par les chocs mécaniques de corps solides ou par des impulsions répétées à une fréquence supérieure à une par seconde »2.

Bruit d'impact : « tout bruit formé par les chocs mécaniques de corps solides ou par des impulsions répétées ou non à une fréquence inférieure ou égale à une par seconde »2.

Par exemple, le bruit provenant d'une presse mécanique qui poinçonne des pièces métalliques à un rythme de 80 pièces à la minute correspond à un bruit continu puisque les impacts se répètent à des intervalles de ¾ de seconde (supérieur à un impact à la seconde).

Dans le cas du bruit continu, les valeurs limites présentées dans le RSST sont exprimées en fonction du temps d'exposition permis (heures/jour). Par exemple, pour une période d'exposition de 8 heures par jour, la valeur limite permise est de 90 dBA. Pour ce qui est des bruits d'impact, les valeurs permises - situées entre 120 dB linéaires et 140 dB linéaires - sont déterminées en fonction du nombre d'impacts pendant 8 heures d'exposition.

Concernant la question initiale, nous avons poursuivi l'évaluation afin de déterminer l'effet combiné des niveaux de bruit qui atteignent le système auditif de l'employé en question durant sa journée complète de travail (selon ses différentes activités). Les valeurs suivantes ont été relevées :

a) 1 heure d'exposition à 96 dBA,
b) 2 heures d'exposition à 89 dBA pour une deuxième activité de travail,
c) 4 heures d'exposition à 94 dBA pour une troisième activité de travail,
d) 1 heure d'exposition à 91dBA associées à une dernière activité lors de la journée régulière de travail.

Avec l'ensemble de ces renseignements, il a été possible d'obtenir le niveau de bruit équivalent (valeur dite « Leq ») tel qu'il est mentionné à l'article 132 du RSST. Cette valeur Leq permet d'additionner les différents niveaux de bruit auxquels un employé est exposé pendant une journée de travail. Ainsi, le calcul des données indique que l'employé ci-dessus est exposé à un niveau de bruit équivalent à 93 dBA pendant 8 heures de travail (Leq,8 = 93 dBA). Or, à ce niveau de bruit, le temps d'exposition permis par le RSST est de 5,3 heures. Il est donc requis de considérer la période d'exposition en plus du niveau de bruit pour déterminer et interpréter le résultat en fonction de la limite réglementaire québécoise. Enfin, notez que les décibels croissent selon une forme logarithmique et qu'un écart de 3 décibels est considérable.

Comment corriger la situation ?

En entreprise, la réduction du bruit peut parfois être simple (par exemple en installant un silencieux) ou plus complexe (par la modification du procédé). Devant un cas complexe, des consultants spécialisés en réduction du bruit peuvent grandement aider. Mais peu importe l'intervention, la réduction du bruit doit prévoir les étapes suivantes :

  • vérifier la possibilité de réduire ou d'éliminer le bruit à la source;
  • s'interroger sur la possibilité d'isoler le poste de travail;
  • prévoir des moyens de protection individuelle en attendant que les transformations soient réalisées. Il faut également évaluer la possibilité de limiter le temps d'exposition;
  • à la suite des modifications apportées, réévaluer le niveau de bruit et poursuivre, s'il y a lieu, le port des équipements de protection auditive.

Dans le cas où on ne peut amener l'intensité du bruit sous les niveaux mentionnés dans le RSST, les éléments de prévention suivants doivent être mis en place :

  • s'assurer de fournir des équipements de protection adéquats - ainsi que la formation qui y est associée - afin d'atténuer le bruit de façon à respecter les conditions mentionnées dans le RSST;
  • identifier, à l'aide d'affiches indiquant l'obligation du port de protection auditive, les zones de travail qui excèdent les limites mentionnées dans le RSST;
  • prévoir une « vérification du port des équipements de protection auditive » lors de vos tournées d'inspection sécuritaire ainsi qu'un rappel lors des réunions de sécurité.

Suite à une exposition bruyante, une période de 16 heures (sans bruit intense) permet habituellement aux cellules auditives de se reposer; le système auditif revient alors à la situation normale.


 

1 - Évaluation effectuée conformément aux normes relatives, aux méthodes et aux appareils de mesure stipulés aux articles 139 et 140 du RSST.

2 - Définition provenant de l'article 1 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail.



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