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Une tendinopathie calcifiante

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(Révisé en septembre 2011)

Vous avez entre les mains une attestation médicale avec le diagnostic suivant : tendinite calcifiante à l’épaule gauche. Est-ce qu’il s’agit d’une lésion professionnelle attribuable au travail répétitif ? Est-ce que votre gestion médico-administrative devrait être la même que pour une tendinite dégénérative ?

Dans un premier temps, attardons-nous au vocabulaire. Un tendon est la partie fibreuse de couleur blanche (elle est constituée de fibres de collagène), située aux extrémités d’un muscle lui permettant de s’insérer à un os. Il est peu extensible, mais très résistant. À titre d’exemple, le tendon d’Achille peut résister à une traction de 300 kilogrammes ! Le suffixe « ite » signifie une inflammation du tendon. Enfin, « calcifiante » réfère au dépôt de calcium (il s’agit de cristaux d’hydroxyapatite) à l’intérieur même du tendon.

Dans un deuxième temps, voici quelques données épidémiologiques. La tendinite calcifiante touche environ 8 % de la population, mais plus particulièrement les femmes âgées entre 30 et 60 ans1. Puis, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medecine2, les personnes sédentaires sont majoritairement atteintes par cette pathologie.

Au niveau de l’épaule, le tendon le plus vulnérable est celui du muscle sus-épineux (il fait partie des quatre muscles constitutifs de la coiffe des rotateurs) qui vient s’attacher sur la tête de l’humérus.

Notez que la littérature médicale distingue désormais la tendinite calcifiante de la tendinite dégénérative. En effet, la calcification n’est pas une conséquence d’une dégénérescence liée à une surutilisation ou à une sollicitation excessive de l’épaule dans le cadre du travail, elle n’a pas de lien avec l’usure à la suite de plusieurs années de mouvements répétitifs et elle ne résulte pas d’un traumatisme. En fait, les connaissances actuelles tendent à relier les dépôts de sels calciques à un processus cellulaire dont le mécanisme demeure méconnu. Souvent, la tendinopathie calcifiante est asymptomatique et sa découverte, lors d’un rayon X, est fortuite3.

Une tendinite calcifiée peut se manifester sous deux formes :

1) lorsque les cristaux atteignent un volume de plus de 1,5 cm, l’individu peut ressentir une gêne fonctionnelle au moment d’élever le bras. Il s’agit d’un syndrome d’accrochage de l’épaule. Et lorsque le bras s’élève à une hauteur entre 60 et 120 degrés, il y a présence d’un arc douloureux.

2) par une douleur brutale, très intense, reliée à aucun événement préalable. Cette douleur peut se manifester en tout lieu et à tout moment, car elle est causée par la résorption spontanée du calcium qui crée une réaction inflammatoire. Pour reprendre une image : l’amoncellement des cristaux éclate spontanément et ceux-ci se répandent partout dans l’articulation. Il y aura une impotence fonctionnelle totale pendant quelques semaines.

Le nouveau courant majoritaire jurisprudentiel4 suit les connaissances médicales actuelles et associe la calcification à une condition personnelle. La tendinite calcifiante sera reconnue comme une lésion professionnelle s’il y a présence d’une aggravation d’une condition personnelle préexistante causée par un accident du travail5 ou reliée aux risques particuliers du travail.

Vous aurez compris que l’approche de gestion sera différente s’il s’agit d’une tendinite dégénérative. Cette dernière est souvent le résultat de microtraumatismes répétés ou de sollicitations prolongées qui peuvent être à l’origine de l’usure du tendon du sus-épineux et, quelquefois, d’une rupture de la coiffe des rotateurs. Son évolution a les caractéristiques d'une maladie professionnelle. Elle débute habituellement par une fatigue musculaire qui évolue vers une douleur qui se manifeste lors d’une activité à risque, pour ensuite devenir continue6. De nombreuses activités sportives (notamment la nage papillon, le lancer d’une balle) et professionnelles (les bras élevés au-dessus des épaules pendant une période prolongée, de nombreux mouvements d'abduction ou d'élévation antérieure de l'épaule avec une grande amplitude ou avec un effort) constituent des « activités à risque ». 

Vous vous dites, si j’avais su, j’aurais géré autrement le dossier de monsieur X… Pour éviter quelques écueils et avoir une meilleure connaissance des lésions musculosquelettiques au niveau des membres supérieurs, inscrivez-vous à notre formation Gestion des cas de LMS.


1 BERGERON Y., L. FORTIN et R. LECLAIRE. Pathologie médicale de l’appareil locomoteur, EDISEM, 2e édition, 2008, p. 586.

2 Speed CA, Hazleman BL. Calcific Tendinitis of Shoulder. N. Engl J Med 1999; 340 : 1582-4.

3 Idem, supra note 1.

4 Vermette et Samuelsohn ltée, 287601-72-0604, 06-07-25, C.-A. Ducharme.

5 Le juge administratif Michel Duranceau dans Duguay et Ventilation G.R. inc. (2009 QCCLP 8306) cite plusieurs décisions à l’effet que : «  pour qu’on puisse parler de l’aggravation d’une condition personnelle, il faut que le fait lésionnel allégué ait été de nature à causer une pathologie à toute [autre (notre ajout)] personne… ».  De plus, nous vous référons au texte « Tendinite à l’épaule, donc accident du travail ? » déjà publié sur notre site Internet.

6 http://www.epaule.com/



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