Infos SST

Les réseaux sociaux et la SST

Octobre 2013

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ont révolutionné, ou du moins ont fait évoluer, notre façon d’interagir avec ceux qui nous entourent. C’est notamment le cas des réseaux sociaux qui sont de plus en plus utilisés. Vous êtes-vous déjà demandé quelle pouvait être l’utilité des réseaux sociaux en santé et sécurité du travail ? Quels sont les avantages et les risques d’y recourir ?

Une tendance lourde

L’utilisation des médias sociaux est maintenant fort répandue dans la population. L’enquête NETendances 2013, menée par le CEFRIO (Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations), indique clairement que le recours aux médias sociaux est plus qu’une tendance éphémère. En 2013, 62,7 % des adultes québécois ont réalisé une activité sur les médias sociaux (consultation de contenu, connexion à un compte, relais ou partage de contenu, interactions, création de contenu). Chez les utilisateurs d’Internet, le recours aux médias sociaux atteint 82,2 %. Sans surprise, on y révèle que Youtube (66,9 % des internautes) et Facebook (65,8 %) sont les plateformes les plus populaires au Québec. LinkedIn est utilisé par 15 % des internautes tandis que Twitter en attire 12 %.

L’utilisation de l’information disponible

Certains utilisateurs de réseaux sociaux n’hésitent pas à mettre de l’information très personnelle sur leur page Facebook. On pourrait, notamment, y trouver des photos d’un employé en train de faire du ski nautique, alors qu’il reçoit des indemnités de remplacement du revenu (IRR), à la suite d’une lésion professionnelle au dos. Est-ce de nature privée ? L’employeur pourrait-il utiliser ce renseignement comme preuve lors d’une contestation à la Commission des lésions professionnelles (CLP) ?

Plusieurs décisions, rendues par la CLP, acceptent des preuves tirées de Facebook. La Commission croit qu’une personne ayant des centaines d’amis sur Facebook ne peut invoquer le caractère privé des informations qu’elle y ajoute. Celles-ci ne sont alors plus privées ! Et elles sont recevables en autant qu’elles ont été obtenues légalement. Par contre, si l’information a été obtenue à la suite d’un subterfuge de l’employeur, donc de manière frauduleuse,  elle n’est pas recevable. Vous avez donc intérêt à bien comprendre dans quel contexte de telles preuves sont admissibles.

Les réseaux professionnels en SST

Parallèlement aux réseaux sociaux comme Facebook, les réseaux professionnels permettent les échanges et les interactions entre des professionnels. LinkedIn est probablement le plus utilisé. En plus de permettre des échanges entre les utilisateurs, il offre la possibilité de s’inscrire à des groupes de discussion sur divers sujets d’intérêt. En santé et sécurité du travail, il en existe plusieurs, par exemple : Les professionnels de la sécurité, Ergonomie Québec, Sécurité au travail. Une bonne façon de se tenir informé, tout en partageant ses expériences !

Pour un professionnel en SST, le recours à ce type de réseautage peut être des plus pertinents puisqu’il permet de joindre facilement un bassin très large de praticiens ou d’experts. En contrepartie, la participation à ces groupes de discussion peut « gruger » beaucoup de temps.

Communication du risque et gestion des urgences

Qu’en est-il quand vient le temps de communiquer avec les employés ou la population lors d’une urgence ? Actuellement, la télévision et la radio sont les sources d’information les plus utilisées. Mais les réseaux sociaux gagnent du terrain. Le tiers des répondants d’un sondage mené, en 2012, par la firme Ipsos Reid, pour la Croix-Rouge canadienne, choisiraient de recevoir de l’information sur les urgences par des moyens électroniques. De plus, 49 % des répondants s’inscriraient certainement ou probablement à un système d’alerte électronique (par courriel, par message texte ou encore grâce à une application sur leur téléphone intelligent).

Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter offrent, en effet, un moyen de communiquer très rapidement avec la population en cas d’urgence ou de crise. Pour les entreprises, il s’agit donc d’un outil de communication qui peut être fort utile pour gérer une crise en santé-sécurité ou... la prévenir !

Même si une entreprise n’est pas présente sur les réseaux sociaux, il y a fort à parier que de l’information la concernant y circulerait s’il survenait une urgence ou un événement accidentel majeur. Comme tous peuvent y aller de leurs commentaires et que certains peuvent avoir des intentions malicieuses, on peut craindre les messages qui y circulent. Autant être présent et contrôler une partie de ceux-ci !

Diffamation et intimidation

Il y a, certes, de nombreux avantages liés à l’utilisation des médias sociaux, mais la manière dont ils sont utilisés peut aussi être la source de plusieurs problèmes. Ainsi, voir des images négatives sur son entreprise, sur YouTube, ou des propos dévastateurs sur Facebook font sûrement partie des cauchemars de tous les dirigeants.

Ce type de diffamation ou d’information négative peut être de source externe, provenir d’employés ou d’ex-employés.

Autres risques liés à une mauvaise utilisation des médias sociaux : les injures ou le harcèlement à l’égard d’un collègue de travail. Malheureusement, ceci est possible en raison d’un sentiment d’anonymat associé à ce type d’outils.

Comme l’employeur ne peut permettre ce type de comportement, il est important de développer et de faire connaître sa politique d’utilisation des médias sociaux au travail, en indiquant clairement ce qui est inacceptable et les sanctions possibles en cas de non-respect de la politique. Une référence à l’utilisation des réseaux sociaux devrait également être incluse dans votre politique pour contrer le harcèlement psychologique.

Que dire de la cyberdépendance ?

Les nouvelles technologies peuvent également devenir de nouvelles sources de stress, tant pour les gestionnaires que pour les travailleurs. Vous est-il déjà arrivé de répondre à un texto qui arrive aux petites heures du matin, voire en pleine nuit ? Malgré la facilité d’échanges qu’offrent les nouvelles technologies de communication, il y a lieu d’établir une frontière entre le temps personnel et celui consacré au travail. Vos réflexes de préventionniste ne sont peut-être pas adaptés à ces nouveaux risques, dont la cyberdépendance. Il y a donc lieu de s’y pencher maintenant, avant d’être confronté à ce genre de problèmes.

 



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