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Les niveaux d’absentéisme et de présentéisme : des indicateurs de la santé organisationnelle des entreprises
Publié le: 24/02/2020

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Le présentéisme définit généralement le fait répété pour un employé d’être au travail, et ce, malgré des symptômes de maladie qui devraient normalement le contraindre à s’absenter. L’absentéisme, pour sa part, ne fait pas l’objet d’une définition unanimement reconnue. Certains, plus largement, le considèrent comme étant simplement la récurrence d’absences au travail. D’autres limitent ce phénomène uniquement aux absences au travail non justifiées.

Plusieurs études conçoivent l’absentéisme et le présentéisme comme l’avers et le revers de la même médaille. Par exemple, un salarié qui se présente à plusieurs reprises au travail bien qu’on lui ait prescrit du repos risque, à terme, de devoir s’absenter pour traiter les conséquences physiques et mentales de son excès de zèle.

Deux études publiées récemment ont examiné les phénomènes d’absentéisme et de présentéisme. Elles permettent, entre autres, d’en mesurer les causes et les conséquences, ce qui ne manquera pas d’interpeller tout gestionnaire en SST ou en RH.

La première est le fruit des recherches du professeur Roland Foucher de l’Université du Québec en Outaouais. Elle offre un modèle d’analyse de l’absentéisme qui permet de mieux appréhender la multicausalité de ce phénomène et de décliner certains moyens d’intervention. Riche et bien documentée, elle nous indique que :

  • En 2018 au Québec, l’absentéisme représentait 7 % du temps de travail, ce qui est en phase avec les données observées à l’échelle mondiale.
  • Remplacer un salarié absent peut occasionner des frais 2 à 3 fois supérieurs au salaire journalier versé à celui-ci.
  • Certains moyens pour prévenir l’absentéisme peuvent engendrer des effets contreproductifs si, par exemple, les employés les jugent injustes.

La seconde étude a été réalisée par un groupe de chercheurs issus de multiples universités et instituts suédois. Analysant l’absentéisme et le présentéisme de manière simultanée, ils précisent que :

  • Le présentéisme et l’absentéisme sont tout aussi nuisibles aux prestations des travailleurs et des travailleuses.
  • Le présentéisme pourrait davantage accroître les risques d’épuisement professionnel.
  • Le présentéisme serait plus à même d’entraîner de l’absentéisme, et non l’inverse.
  • Le présentéisme engendrerait des coûts pour les employeurs supérieurs à ceux que l’absentéisme pourrait occasionner.

À n’en point douter, ces deux études alimenteront les réflexions des gestionnaires SST et RH, à même de constater les conséquences directes de ces phénomènes dans leurs milieux de travail. Entre autres, le présentéisme peut avoir des incidences néfastes sur l’efficience et la production en entreprise, ainsi que sur la santé et la sécurité de tous les salariés ayant à traiter avec un collègue moins alerte qu’à l’accoutumée. L’absentéisme abusif, en contrepartie, peut amener une surcharge de travail pour un effectif, alors forcé d’assumer les tâches d’un ou de plusieurs employés absents.

Afin de bâtir des milieux de travail plus sains pour tout un chacun, les responsables SST et RH voudront également prêter attention aux causes de l’absentéisme et du présentéisme. L’absentéisme sans motif peut, par exemple, traduire une culture organisationnelle dysfonctionnelle, de même qu’un malaise ou un mécontentement vécu par les salariés d’une unité ou, plus largement, d’une entreprise.

En revanche, le présentéisme peut être motivé par la volonté de ne pas laisser des collègues en plan ou de maintenir une image professionnelle forte, par la peur de perdre son emploi ou d’être mal perçu au sein de l’organisation, ou encore par la volonté de respecter des délais serrés imposés pour accomplir certaines tâches.

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