Au Québec, la notion d’accident du travail repose sur un principe central inscrit dans la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Est ainsi considéré comme un accident du travail tout événement qui survient « par le fait ou à l’occasion de son travail » et cause une blessure. Or, cette définition dépasse largement les limites physiques de l’établissement à proprement parler. Elle englobe aussi les lieux dont l’employeur a la responsabilité, incluant les stationnements, les accès extérieurs, ainsi que les trottoirs et les escaliers menant aux bâtiments. Et, puisque la saison hivernale bat son plein, il importe de rappeler cette donnée importante.
Car intuitivement, certains employeurs peuvent penser qu’une journée de travail commence lorsqu’un employé franchit la porte de l’entreprise, et qu’elle se termine dès qu’il passe le seuil en sens inverse, quelques heures plus tard.
Mais, d’un point de vue juridique, cela n’est pas si simple. Si les employés ont accès à un stationnement, par exemple, ce lieu peut être considéré comme une extension de l’espace professionnel. Dans ce cas, glisser sur une plaque de glace à quelques mètres de son véhicule ou chuter dans un escalier mal déneigé peut être reconnu comme un accident du travail. En pareil cas, les conséquences financières et humaines peuvent s’avérer importantes, autant pour l’employé blessé que pour l’organisation.
La reconnaissance d’un accident du travail entraîne généralement des coûts imputés au dossier de l’employeur, notamment sous forme de cotisations. Sans oublier les contrecoups sur le taux d’assurance. Souvent, plus l’accident est grave, plus les conséquences s’étendent dans le temps. Des efforts de prévention méthodiques et constants sont donc essentiels, particulièrement lors de conditions climatiques hasardeuses.
En période hivernale, les risques d’accident liés aux chutes de plain-pied, aux surfaces glissantes, à l’accumulation de neige ou à la formation de glace s’intensifient. Une simple négligence dans l’entretien des accès peut entraîner des lésions graves, prolonger les absences au travail et générer des coûts supplémentaires. À l’inverse, une approche proactive permet non seulement de réduire l’exposition aux accidents, mais aussi de démontrer un engagement réel envers la santé et la sécurité des travailleurs.
Gardez la tête froide et prévenez les risques
Dans ce contexte, quelques actions concrètes peuvent contribuer de manière décisive à la santé-sécurité du personnel :
1. Planifier ses opérations hivernales : Ayez un plan d’entretien clair qui inclut les responsabilités de tous, les méthodes de déglaçage, la vérification régulière des surfaces et la disponibilité des ressources.
2. Établir des ententes avec des fournisseurs : Assurez-vous que les contrats de déneigement et d’abrasifs couvrent les périodes critiques, incluant les soirs, les fins de semaine et les premières heures de la matinée.
3. Procéder à des inspections continues : Documentez les rondes d’inspection et corrigez rapidement les situations dangereuses.
4. Communiquer à l’interne : Informez les employés quant aux procédures, aux zones à risque et aux consignes de sécurité à respecter.
5. Viser l’amélioration continue : Analysez les incidents passés pour prévenir les récurrences.
Ne restez pas de glace face aux dangers
Il est important de rappeler que l’obligation de l’employeur ne se limite pas à réagir après un événement. La Loi sur la santé et la sécurité du travail impose un devoir de prévention. En ce sens, assurer des voies de circulation sécuritaires en tout temps constitue non seulement une responsabilité morale, mais aussi légale.
Les gestionnaires, les ressources humaines et les responsables en santé-sécurité jouent un rôle déterminant. Tous doivent privilégier une culture où la prévention est intégrée à la gestion quotidienne et chaque mesure est vue comme un investissement, et non un fardeau.
L’hiver, ce n’est pas une surprise. Il revient chaque année et apporte son lot de défis. Le choix d’agir avant l’incident repose entre les mains de l’organisation. Souvenez-vous que prévenir demeure toujours moins coûteux que guérir.
Voir à la sécurité de ses employés, et ce, dès qu’ils se trouvent sur un espace dont vous avez la responsabilité, c’est pleinement assumer son rôle de leader en SST.