Les outils d’intelligence artificielle (IA) ont déjà des effets sur toutes les sphères de nos vies, incluant le domaine professionnel. Dès le lancement de ChatGPT, des millions d’utilisateurs se sont rués sur cet outil, portés par les promesses de cette nouvelle technologie.
Nous nous sommes toutefois collectivement rendus à l’évidence que ces outils, aussi performants soient-ils, sont loin d’être parfaits. Nous savons déjà que l’IA est sujette à faire des erreurs et qu’il est toujours nécessaire de valider ce qu’elle génère avant de l’utiliser. Le dictionnaire Merriam-Webster a d’ailleurs désigné « Slop » comme étant le mot de l’année 2025, faisant référence à la multiplication des contenus de faible qualité générés par l’intelligence artificielle.
Quand l’IA ne livre pas sa promesse
La plupart des organisations disposent désormais d’une « stratégie IA ». Personne ne veut se trouver largué par cette déferlante.
Nous assistons toutefois à un paradoxe. Malgré les investissements massifs en IA, 95% des organisations américaines ne constatent pas (encore) de gains de productivité mesurable. Ce phénomène s’expliquerait entre autres par la facilité pour les employés d’utiliser l’IA pour produire du contenu très rapidement, en apparence de qualité, mais qui ne réponde pas toujours aux niveaux attendus.
Cette utilisation massive et souvent à vue des outils d’IA entraine une autre répercussion insoupçonnée : une surcharge de travail pour les gestionnaires. Recevant de plus en plus de livrables de qualité douteuse générés par l’IA, ceux-ci doivent alors passer plus de temps à les retravailler, ou augmenter les « allers-retours » avec leurs équipes avant d’atteindre une version satisfaisante.
L’intelligence humaine comme garde-fou
Ce qui rend notre rapport à l’IA complexe, est que nous ne sommes pas habitués à utiliser des outils informatiques imparfaits. Certes, un ordinateur peut boguer et une perte de connectivité réseau est toujours possible, mais nous avons été habitués à ce que les ordinateurs fonctionnent toujours, et qu’ils accomplissent leurs tâches parfaitement.
Or, ce n’est pas la même chose avec l’IA. Nous devons apprendre à utiliser une technologie imparfaite, qui peut se tromper. Bref, à travailler avec l’IA comme nous le faisons avec un stagiaire. Un stagiaire plein de potentiel et à la fine pointe des plus récentes connaissances, mais qui n’a pas beaucoup d’expérience du milieu professionnel. Avant de lui demander de travailler, nous prenons le temps de lui parler de l’organisation, de sa mission, de ses valeurs, de ses produits et services. On lui explique son rôle, les attentes à son égard, etc.
Son gestionnaire porte une attention particulière aux documents qu’il produit pour s’assurer du niveau de qualité attendu avant d’atteindre la version finale. Pour y arriver, celui-ci doit avoir les compétences pour évaluer la qualité du travail et ne pas hésiter à demander des corrections lorsque nécessaire.
Plusieurs employés aguerris savent souvent utiliser les outils d’IA à leur avantage parce qu’ils possèdent l’expertise et l’expérience pour remettre en question ce que propose l’IA, apporter des correctifs et refaire le travail eux-mêmes au besoin.
L’expertise et le sens critiques demeureront des compétences centrales à la compétitivité de tous les milieux de travail. Pourtant, faire appel à l’IA sans la capacité de remettre en question ces propositions, sans être en mesure de reconnaître ses erreurs, fragilise les organisations de manière évidente.
Il est important pour les organisations de continuer à valoriser son expertise interne, bien humaine.
La formation comme antidote au « Slop »
L’idée n’est pas pour les organisations de refuser d’utiliser l’IA. Bien au contraire, son potentiel dans plusieurs domaines est manifeste. Elles se doivent toutefois d’avoir un bassin d’intelligence humaine suffisant pour continuer à utiliser les outils d’IA, tout en étant en mesure de les challenger, et de ne pas être dépendantes au contenu qu’ils produisent.
Il est ainsi primordial que les organisations continuent d’avoir un pipeline de talents et qu’elles continuent de miser sur leur formation et perfectionnement continus. Sans cette expertise interne, elles seront contraintes d’accepter aveuglément les propositions faites par l’IA, sans pourvoir les améliorer ou déceler les failles. Sans ce bassin de talents, la capacité des organisations de se développer, d’innover et de se distinguer de la compétition pourrait sérieusement être compromise.
En réponse à la montée de l’IA, il est plus important que jamais de miser sur l’intelligence humaine… et de continuer à la former à la même vitesse que se déploient les nouvelles avancées technologiques.
* Cet article a été rédigé sans l’aide de l’intelligence artificielle. 😉