La compétition pour attirer et garder les salariés de talent peut être féroce entre les entreprises. Dans plusieurs domaines, les postes sont particulièrement difficiles à pourvoir. C’est notamment le cas pour le secteur du commerce de détail et divers métiers spécialisés (électriciens, plombiers, etc.).
La rémunération, certes, compte pour beaucoup dans cette optique. Mais plusieurs autres facteurs sont tout autant, voire plus décisifs, comme l’explique le PDG du Centre patronal SST, Charles Létourneau.
La santé-sécurité : un besoin fondamental…
Les résultats d’un sondage publié en 2025 révélaient que l’équilibre entre le travail et la vie professionnelle arriveraient en tête des priorités chez les travailleuses et les travailleurs canadiens. L’étude précise également que plus de 40 % des salariés au pays ont déjà quitté un emploi pour échapper à un climat toxique.
La santé psychique et physique est ainsi au cœur des priorités d’un nombre important d’employés.
Sans surprise, 77 % des travailleuses et des travailleurs nord-américains indiquent que la sécurité de l’environnement professionnel a une influence lorsque vient le temps de choisir un employeur potentiel.
Il s’agit donc pour les entreprises d’un facteur de rétention à développer et à entretenir. On pourrait même avancer que la santé-sécurité demeure un levier stratégique sous-exploité par les organisations. Plusieurs l’avouent à regret et pointent vers le manque de temps et les difficultés à intégrer de nouvelles pratiques pour expliquer leurs manquements.
… Le ping-pong et les jeux d’arcade, beaucoup moins
Offrir la possibilité de jouer au ping-pong ou à Pac-Man au bureau représente-t-il un moyen plus ou moins subtil pour un employeur de se détourner du bien-être à moyen et à long termes des employés? La réponse doit être nuancée. Si le personnel y voit unanimement un avantage qui rehausse l’expérience employée, il s’agira d’un bénéfice réel. En d’autres circonstances, cependant, cela pourrait être un stratagème visant à étendre le temps de travail du personnel au-delà des heures prévues.
Au Canada, près d’un travailleur sur trois affirme que sa vie professionnelle empiète sur sa vie personnelle et familiale. Il serait alors plutôt étonnant, dans ce contexte, d’attirer avec la table de ping-pong une professionnelle expérimentée avec des enfants en bas âge, par exemple. Un programme « SMET » (santé et mieux-être au travail) à la carte serait ici plus approprié, puisqu’un groupe de salariés est rarement homogène. Trois salariés canadiens sur quatre évoquent d’ailleurs ce type précis d’incitatif comme facteur de rétention sur leur poste.
Sachant que remplacer un seul employé entraîne des coûts moyens de quelque 30 000 $ – démultipliés pour les salariés à haut revenu –, miser sur des initiatives qui améliorent et consolident la santé physique et psychique est une approche incontournable.
Emilie Gaignard, l’une des spécialistes du Centre patronal SST en gestion des risques psychosociaux au travail, ajoute également qu’« un environnement professionnel sain favorise l’engagement et la motivation, mais aussi la capacité d’innovation. Lorsqu’ils se sentent soutenus et considérés, les employés peuvent aussi devenir de véritables ambassadeurs qui n’hésiteront pas à recommander leur organisation à des candidats potentiels et à faire rayonner ses activités. »
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